Louis-Henry Destel

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. Imprimer

Serge Rives raconte son grand-père...
Louis-Henry DestelNé à Lézat en octobre 1885, Louis-Henry Destel, pseudonyme de Louis-Henry Rives (1885-1962), se fit connaître comme journaliste, romancier, conteur et rugbyman.

Officier (sous-lieutenant) pendant la grande guerre, il fut blessé et fait prisonnier puis mené en captivité en Allemagne. Les souvenirs de guerre lui firent écrire dans un journal toulousain "L'Express du Midi" une série d'articles sous le titre "La hantise des fils de fer barbelés".

Il fut un de ceux qui créèrent le rugby à Saint-Girons, qu'il quitta pour jouer en 1905 au Stade Olympien des Étudiants de Toulouse (futur Stade Toulousain) puis en 1908 au Football-Club Briviste et au 126ème régiment d'infanterie, basé à Brive, avec lequel il devint champion de France militaire en 1908. Il revient ensuite au Stade Toulousain pour la saison 1909-1910.

De retour à Saint-Girons fin 1910, il y fut un des capitaines des Lions Verts du S.G.S.C. qui obtinrent le titre de champion de France 2ème série en mai 1914 à Paris sur le stade olympique de Colombes contre le C.A.S.G. (Club Athlétique de la Société Générale, aujourd'hui fusionné avec le Stade Français).

Bibliographie sélective de Louis-Henry DestelIl publia à partir de 1921 dans différents journaux et revues : "La Revue de Paris", "La Revue Universelle", "Le Mercure de France", "L'Illustration", "Les Annales politiques et littéraires", "L'Intransigeant", "L'Auto" (ancien nom de l'Équipe), "L'Express du Midi", "La Dépêche" etc…

Il est aussi l'auteur de nombreux romans : "Desroches footballeur", "Goupille", "La madone du maquis", "La princesse de Pourlande", "La croix de sable", "Chimères grises et mirages noirs", "Les cerises du pâtre" etc…

"Dans les œuvres de Louis-Henry Destel, il y a quelque chose qui vit et qui émeut", écrivait Pierre Loti.

Louis-Henry Destel fut membre de la Société des Gens de Lettres de France ainsi que de la Société des Écrivains Sportifs que présidait Tristan Bernard.

En 1961, il publie "Les légendes du Couserans" avant de disparaître le 29 août 1962 à Saint-Girons.

Le technicien du rugby.
Louis-Henry DestelC'est en 1898 et 1899 que le rugby, ce jeu nouveau en France, fit son apparition sur les bords du Salat à Saint-Girons. Il vit le jour simultanément dans la cour du collège et en ville, en particulier dans le quartier de la place du Centre, où quelques années plus tard le "Café des Sports" devint le siège social (le premier en date) du Saint-Girons Sporting-Club.

Les jeunes élèves du Séminaire de Lédar, eux aussi, suivirent l'exemple des collégiens et dès cette époque manièrent le ballon ovale. C'est parmi tous ces jeunes que vingt ou vingt-cinq d'entre eux pleins d'allant et de passion sportive réussirent à donner le goût du ballon ovale à leurs camarades et à faire du rugby le sport de prédilection de la jeunesse de notre région.

Au tout premier plan de la pléiade de ceux qui ont créé le rugby à Saint-Girons, nous devons citer le Saint-Gironnais Louis Rives (L.H. Destel) qui fut un des premiers capitaines du Saint-Girons Sporting-Club et qui, par la suite, devait marquer le rugby français de sa personnalité.

Rives fut un avant aile de classe, un grand marqueur d'essais et un brillant capitaine. Il fut plusieurs fois Champion de France avec le 126ème R.I. en 1908 et en 1914 avec le Saint-Girons Sporting-Club. Ce brillant joueur que la technique du jeu passionnait avait compris dès cette époque le rôle prépondérant que pouvait jouer dans le rugby le troisième ligne aile.

C'est lui, en effet, qui inventa la formation de la mêlée trois quatre. Cette formation de mêlée fut mise au point à Toulouse sur le terrain des Récollets avec l'équipe du 126ème R.I. alors champion de France. Dans cette équipe figurait Yves Delbos qui fut président du Conseil et maintes fois Ministre de la République.

Cette formation permettait de détacher un avant aile qui jouait le rôle de deuxième ouvreur en attaque et de deuxième arrière en défense. Ce voltigeur se tenait non plus à côté de la mêlée mais derrière la ligne des trois-quarts. Notre compatriote avait réalisé et fait admettre que le jeu de rugby doit être essentiellement offensif. La plupart des équipes françaises utilisèrent ce procédé et il est particulièrement remarquable de constater que les Britanniques, Gallois et Irlandais, utilisèrent avec succès en 1926 cette formation de mêlée et revendiquèrent son invention.